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007 First Light : test du Bond IOI sorti le 27 mai 2026

007 First Light : test du Bond IOI sorti le 27 mai 2026

Par Baptiste P.

11 min de lecture
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Baptiste P.

Mercredi soir, j'ai posé mon weekend prolongé sur 007 First Light. Pas un long-test marathon, juste deux soirées plus une bonne grosse session pour boucler la moitié de la campagne et tâter le mode TacSim. 48h après la sortie mondiale du 27 mai 2026 sur PS5, Xbox Series X|S et PC, IO Interactive livre enfin son James Bond et le verdict est moins évident qu'on aurait pu le croire avec un studio aussi calé sur l'infiltration.

Petit recap pour ceux qui débarquent : le jeu vise un Bond de 26 ans, joué par Patrick Gibson, avec un casting prestige (Lenny Kravitz en méchant, Gemma Chan en mentore MI6) et une campagne solo de 20 heures sur environ 15 missions. Pas de multi, pas de coop, aucune obligation d'être en ligne pour la story. On me l'a confirmé cinq fois, je vous le dis cinq fois aussi : ce Bond est un jeu solo brut, et c'est très bien comme ça.

La promesse 60 FPS partout : tenue, mais avec astérisques#

Première bonne nouvelle. IOI a tenu son engagement : 60 FPS confirmés sur PS5 de base en mode Performance, 60 FPS sur PS5 Pro y compris en mode Qualité avec PSSR activé, et le mode Qualité à 30 FPS sur la PS5 standard pour ceux qui préfèrent l'image fixe au mouvement. Après les blagues sur "007 FPS" qui ont circulé sur Reddit pendant des mois, le studio s'en sort la tête haute sur consoles.

J'ai joué sur PS5 Pro pour la majorité de mon test, avec une heure sur PS5 standard chez un pote pour comparer. Différence visible : le HDR mappe mieux sur la Pro, les ombres de la scène initiale en Islande ont plus de définition, et la stabilité tient bien même dans le niveau aéroport (qui fait peur sur le papier vu le nombre d'IA actives). Sur PS5 standard en mode Performance, ça tient le 60 FPS, mais on perd une partie du détail volumétrique. Rien de honteux. Push Square a publié un papier titré "Vous avez besoin d'une PS5 Pro pour jouer 007 First Light au mieux sur console" et je confirme : c'est vrai, mais c'est pas dramatique non plus.

Côté PC, mon ami avec une RTX 4070 tourne en 1440p/60 FPS High avec DLSS 4.5 Super Resolution. Le frame gen Dynamic Multi Frame Generation est dispo dès le launch sur les RTX 50. Ça, c'est tenu. Sur ce qui n'est pas tenu en revanche, on va y venir.

Path tracing absent au launch : la promesse Nvidia qui se transforme en patch été#

Souvenez-vous : en janvier au CES 2026, Nvidia annonce en grande pompe que 007 First Light sortira avec path tracing et DLSS 4.5 Ray Reconstruction. Trailer RTX, tout le tralala. IOI relaie sur son site officiel le 8 janvier 2026.

Le 8 mai, communication corrigée dans la presse PC (DSO Gaming, wccftech, GamingBolt). Le path tracing et la Ray Reconstruction "arriveront cet été". À peine trois semaines avant la sortie. Le launch livre la DLSS 4.5 avec Super Resolution et Multi Frame Generation, mais le path tracing complet est repoussé à un "update gratuit" sans date précise. Pour les joueurs RTX 5080 qui ont upgradé leur tour rien que pour ce rendu, c'est un coup dur, même si rien n'est perdu. Patience d'ici juillet ou août, normalement.

Honnêtement, sur la version PC que j'ai testée chez mon pote, le rendu actuel sans path tracing tient déjà la route. Les volumétriques de fumée custom du Glacier Engine font le boulot, l'éclairage global dynamique est présent, et la Ray Reconstruction qui arrive plus tard ne ferait que polir des scènes déjà propres. Mais quand tu vends un jeu en mettant en avant la collab Nvidia premium et que tu retires la techno phare à J-19, ça jure. Ça pue aussi un peu le passage par un Tile-based Lighting de secours pour tenir le framerate sur les configs Mid.

Ce n'est pas un drame, c'est un signal. Le path tracing n'était pas prêt, IOI a préféré couper avant le launch plutôt que livrer un cauchemar de stabilité. Choix défendable.

La campagne : forward momentum, vraiment#

Sur le gameplay, je m'attendais à un Hitman déguisé en Bond. C'est pas ça. IOI a tenu son discours sur le "forward momentum" : les zones sont plus étroites, plus scriptées, le bluff joue un rôle très présent et l'alternance stealth / combat / chase fonctionne mieux que je pensais. Ils ont visiblement bossé leur level design linéaire, eux qui n'avaient jamais fait ça.

Le mission designer key : si tu es repéré, tu n'es pas obligé de tout recommencer. Le jeu te laisse encaisser, contre-attaquer en mêlée façon Arkham (counter timing au pixel près, très satisfaisant manette en main) et le stealth redevient possible après la phase de combat, dans la même zone. C'est ça qui fait toute la différence avec Hitman, où un seul corps découvert te faisait restart un quart de niveau. Ici, Bond galère, Bond se rattrape. C'est la promesse du personnage et c'est rendu.

Quelques mécaniques sympas que je n'attendais pas :

  • Le Quick Blag, ce bluff réactif quand un PNJ se met à douter, qui te permet de t'en sortir en sortant la bonne phrase prise pendant l'eavesdropping. Très satisfaisant la première fois, un peu répétitif à la dixième.
  • L'absence de drag de corps. IOI a fait ce choix volontaire pour éviter le pattern stealth froid de Hitman et forcer l'improvisation. Au début je rageais, après 4 heures de jeu je trouve ça brillant.
  • Les boss fights qui exigent de changer de tactique entre tentatives. Tu mises tout sur le sniper depuis une tour ? Le boss 2 a une couverture anti-snipe. Tu refais en stealth corps-à-corps ? Il a des bodyguards en cercle. Ça rappelle le Mr Freeze d'Arkham City et c'est tant mieux.

La scène de Londres en milieu de game (mariage privé infiltré, eavesdropping pour choper le code d'invitation, décision approche stealth ou approche bluff via faux journaliste, puis chase en camion poubelle dans un centre commercial), c'est probablement le meilleur quart d'heure de jeu Bond depuis GoldenEye 64. Sur ce point, IOI a vraiment compris la franchise.

TacSim : Hitman Escalations sous une autre marque#

Le mode rejouabilité s'appelle TacSim. C'est, pour le dire vite, du Hitman Escalation rebrand. Tu reprends une mission story avec des modificateurs (objectif silencieux, contraintes d'équipement, time limit, déguisement imposé), tu marques un Agent Score, et tu te bats pour ta place sur les leaderboards mondiaux et amis. XP à la clé pour débloquer cosmétiques et skins de gadgets, plus une monnaie nommée Intel pour acheter les récompenses du shop in-game.

Après 90 minutes dessus, mon verdict : très efficace pour faire durer le plaisir, mais on est sur du recyclage de zones existantes. IOI promet de nouvelles missions TacSim post-launch (la communication parle de "regular drops"), il faudra voir si le rythme tient. Pour les fans Hitman qui ont passé 800 heures sur les contracts WoA, ce sera familier et apprécié. Pour les autres, sympa pour 10 heures supplémentaires, pas indispensable.

Le casting : Gibson tient le rôle, Kravitz fait le job#

Patrick Gibson en Bond junior fonctionne mieux que je le craignais. Il n'imite ni Craig, ni Connery, ni Brosnan. Sa voix porte une impatience naturelle qui colle au personnage encore brut, et ses one-liners deadpan passent sans en faire des caisses. Quelques scènes (notamment l'enquête à Tokyo) le poussent à montrer une vulnérabilité qu'on n'avait jamais vue chez le 007 cinéma. Pari narratif IOI : réussi.

Lenny Kravitz en Bawma fait le minimum syndical mais le fait bien. Capture mocap d'excellente qualité, voix posée, une scène de confrontation mémorable au tiers du jeu. C'est pas Mads Mikkelsen en Le Chiffre, mais c'est largement au-dessus du tout-venant des méchants Bond.

Gemma Chan en Selina Tan est probablement la meilleure performance du jeu. Personnage entièrement inventé par IOI, académique brillante en psychologie et théorie des jeux, son rapport à Bond évolue entre mépris, respect et complicité tactique. Aucune romance forcée, juste un personnage qui pousse Bond à réfléchir. Bravo.

Mention spéciale à la chanson du générique, écrite et interprétée par Lana Del Rey en duo avec David Arnold. Posée, mélancolique, beaucoup plus proche de Skyfall que de No Time to Die. Très bon choix.

Les irritants réels après 12 heures#

C'est pas un sans-faute. Quelques trucs qui m'ont chiffonné :

L'IA des ennemis est correcte en stealth mais douteuse en combat actif. Sur deux missions j'ai vu un garde se cogner deux fois dans le même mur. Sur une chase en voiture, l'IA des poursuivants drive comme un crabe planté. IOI a clairement priorisé la stabilité framerate sur la sophistication de l'IA, et ça se ressent.

Les cinématiques sont longues. Trop longues parfois. Bond démarrant chaque mission via deux minutes de briefing M+Q+Moneypenny, ça casse le forward momentum dans les faits. Au bout de la 7e mission je sautais les intros, et je doute être le seul.

Le checkpointing est généreux mais pas magique : sur la mission Monaco, je suis mort trois fois sur un setpiece scripté et le checkpoint repassait le briefing radio entier à chaque fois. Détail, mais détail qui agace.

Switch 2 : toujours pas là, et c'est rationnel#

Petit rappel utile : la version Nintendo Switch 2 n'est pas sortie le 27 mai. IO Interactive a confirmé le 8 avril qu'elle arrivait dans le Q3 2026, probablement fin de l'été. Au vu de la charge graphique déjà imposante sur PS5 standard, ce délai est la chose la plus saine que pouvait faire le studio. Personne ne veut un portage Switch 2 ratassé à la sortie qui plombe la note Metacritic globale. La patience paiera.

Sur un sujet proche#

Si tu veux comparer avec le retour terrain d'un autre lancement Day One ambitieux, jette un œil à notre test d'Aphelion sorti le 28 avril 2026. DON'T NOD a fait des choix opposés sur la durée (8 à 12h) et le multiplateforme, ça donne un contrepoint intéressant.

Pour le contexte d'avant-sortie, le premier papier sur 007 First Light publié en avril détaillait les origines du projet et la philosophie design. Cet article-ci ferme la boucle avec le verdict post-launch.

Le verdict après 48h#

007 First Light n'est pas le GOTY 2026. Trop d'irritants techniques pour ça, trop d'IA approximative en combat, et un path tracing qui aurait sublimé le rendu qui est repoussé à cet été. Mais c'est, sans hésitation, le meilleur jeu James Bond depuis GoldenEye, et IOI a prouvé qu'ils savent faire un jeu d'action linéaire propre même après 20 ans passés sur l'infiltration ouverte de Hitman.

Sur consoles, achète sans hésiter si tu as une PS5 Pro ou une Xbox Series X et que le pitch te parle. Sur PC, attends potentiellement le patch path tracing de cet été si tu as une RTX 50, ou achète maintenant si tu as déjà une bonne config et que DLSS 4.5 te suffit. Sur Switch 2, attends. Officiellement. Pas le choix.

Mon score perso : 17/20. Un cran sous mes attentes les plus folles, deux crans au-dessus du désastre que beaucoup pronostiquaient quand IOI avait annoncé le projet en 2020. C'est suffisant pour relancer une licence Bond vidéoludique moribonde depuis 14 ans. Et c'est suffisant pour qu'IOI annonce officiellement la trilogie qu'Hakan Abrak évoquait depuis mars. À nous deux le Bond 2028.

Sources#

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