Un A Plague Tale où le perso principal dégaine une épée au lieu de se planquer dans le noir ? J'ai relu l'annonce deux fois. Et pourtant c'est bien ça : Resonance: A Plague Tale Legacy, révélé par Focus Entertainment et Asobo Studio au Xbox Games Showcase le 8 juin 2025, assume un virage gameplay qui va faire grincer une partie des fans. Le jeu débarque le 27 août 2026, et non, ce n'est pas juste une suite de plus.
C'est un prequel. La franchise remonte le temps de 15 ans avant les événements d'A Plague Tale: Requiem, la formulation officielle de Focus, à ne pas confondre avec l'histoire d'Amicia et Hugo qu'on connaît. Petite précision au passage : certains médias parlent plutôt d'un spin-off ou d'une expansion de l'univers, la page d'Asobo elle-même évite soigneusement le mot prequel. Mais bon, quand l'éditeur écrit noir sur blanc « a prequel », on va le croire sur parole.
Sophia, la Crète et le sac de nœuds temporel#
L'héroïne, c'est Sophia. Si le nom vous dit quelque chose, c'est normal : cette contrebandière (une pillarde, plutôt) est déjà apparue dans Requiem en personnage secondaire. Asobo lui offre son propre jeu, plusieurs années avant qu'on la croise. Direction la Crète, l'île grecque surnommée « l'île du Minotaure », un cadre qui tranche net avec la France médiévale poisseuse des épisodes précédents.
Et là, ça devient joliment tordu. Le jeu fait des allers-retours entre l'époque médiévale de Sophia et l'ère minoenne antique, où les échos du passé viennent façonner les combats du présent. Sur le papier c'est le genre de mécanique qui peut soit être géniale, soit vous perdre complètement. J'ai un faible pour les jeux qui jouent avec la temporalité, alors forcément, ça m'intrigue.
Les énigmes reposent sur une sphère minoenne dérobée qui permet de manipuler la lumière. On reste donc dans l'ADN de la saga (la lumière comme arme et comme outil, c'est un peu la signature depuis Innocence), mais l'outil change de forme. Bien vu.
Le vrai sujet : Asobo range la discrétion au placard#
Voilà le point qui mérite qu'on s'arrête. Les A Plague Tale, jusqu'ici, c'était de l'infiltration. On rasait les murs, on éteignait des torches, on priait pour que les rats ne nous repèrent pas. Le combat frontal ? Un dernier recours qui finissait souvent en game over.
Resonance renverse la table. Sophia se bat à l'arme blanche, dague et épée, avec des parades et des coups puissants. Asobo parle d'agilité, de ruse et de réflexes pour prendre l'ennemi de vitesse, perfectionner ses parades et enchaîner les frappes. Traduction : on passe d'un survival-horror furtif à quelque chose qui lorgne franchement vers le jeu d'action.
Honnêtement, je sais pas encore quoi en penser. Une part de moi trouve ça excitant, parce que la formule furtive commençait à tourner un peu en rond sur deux épisodes. Une autre part se méfie, parce que le stress d'être une proie sans défense, c'était exactement ce qui rendait la saga marquante. Un raid boss, ça n'a rien à voir avec fuir une meute de rats en retenant sa respiration. Si Asobo transforme Sophia en machine à découper, le studio risque de perdre ce qui faisait sa patte. Le pari est réel.
Ce qui me rassure un peu, c'est qu'Asobo reste un studio qui bosse à l'ancienne. Le studio français a déclaré ne pas avoir utilisé d'IA générative pour Resonance, la jugeant menaçante pour la créativité (une seule source solide là-dessus, je le prends donc avec des pincettes). Dans une industrie où le sujet devient explosif, la position tranche. On en avait justement parlé quand plus d'un développeur sur deux jugeait l'IA nocive pour le secteur. Autre bon point : la bande originale est signée Olivier Derivière, déjà aux manettes sur les précédents A Plague Tale. Sa musique, c'est la moitié de l'ambiance. Un vrai gage de continuité.
Game Pass day one : le calcul qui change tout#
Parlons stratégie, parce que là aussi il y a un truc. Resonance sera disponible dès le lancement sur Xbox Game Pass et Xbox Play Anywhere. Day one. Le jeu sort aussi sur PC (Steam et Epic Games Store), PlayStation 5 et Xbox Series X/S, mais c'est cette dispo Game Pass qui va peser.
Pourquoi ? Parce que le prix seul rend l'abonnement tentant. Comptez 49,99 euros sur PC et 59,99 euros sur consoles (ce dernier chiffre, une seule source l'a confirmé, je reste prudent). En face, le Xbox Game Pass Ultimate est à 20,99 euros par mois depuis avril 2026, après un an de yoyo tarifaire assez brutal. Faites le calcul dans votre tête, ou plutôt ne le faites pas, vous voyez déjà où ça mène : pour beaucoup de joueurs, s'abonner un mois coûtera moins cher qu'acheter le jeu. C'est exactement le pari de Microsoft, et Asobo joue le jeu.
Pour ceux qui préfèrent posséder leur copie, la précommande balance un pack « Heritage » avec une épée minoenne, le pendentif d'Alec et un artbook numérique de 30 pages et plus. Du bonus cosmétique classique, rien de fou, mais l'artbook fera plaisir aux fans de la direction artistique du studio.
Le mot de la fin#
Resonance: A Plague Tale Legacy, c'est le genre d'annonce qui divise avant même d'avoir tourné sur nos machines. Un prequel qui abandonne une bonne partie de ce qui définissait la saga, porté par un personnage qu'on connaît à peine et lâché day one sur Game Pass à quelques jours de la Gamescom 2026. Le 27 août sera d'ailleurs chargé : c'est aussi la date de Star Wars Zero Company, de quoi étaler son budget.
Je garde un œil dessus sans m'emballer. Asobo a déjà prouvé qu'un studio français pouvait sortir des expériences narratives fortes, comme DON'T NOD l'a fait avec Aphelion. Reste à voir si le virage combat sert l'histoire ou s'il la trahit. Rendez-vous fin août pour trancher.
Sources#
- Focus Entertainment, annonce de Resonance: A Plague Tale Legacy au Xbox Games Showcase
- Focus Entertainment, Resonance: A Plague Tale Legacy Releases August 27
- Focus Entertainment, fiche produit Resonance: A Plague Tale Legacy
- Wikipedia, Resonance: A Plague Tale Legacy
- Steam, page officielle Resonance: A Plague Tale Legacy
- Xbox Wire FR, mise à jour du prix du Xbox Game Pass Ultimate





