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Star Wars Zero Company : le XCOM clone wars du 27 août

Star Wars Zero Company : le XCOM clone wars du 27 août

Par Baptiste P.

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Baptiste P.

Quand EA a annoncé un jeu de tactique au tour par tour estampillé Star Wars, ma première réaction a été un soupir. Encore un licensed game qui va surfer sur la marque. Puis j'ai vu le nom du studio. Bit Reactor. Fondé par d'anciens de Firaxis, ceux-là mêmes qui ont fait les XCOM modernes. Là, j'ai reposé ma manette et j'ai commencé à lire sérieusement. Star Wars Zero Company sort le 27 août 2026, et c'est peut-être le projet Star Wars le plus intéressant depuis longtemps, justement parce qu'il ne ressemble pas aux autres.

Des gens qui savent faire du tour par tour#

Le studio derrière le jeu, c'est Bit Reactor. Fondé le 19 janvier 2022 par Greg Foertsch, ancien art director de Firaxis. L'homme a bossé sur XCOM : Enemy Unknown et XCOM 2 : War of the Chosen, exactement les jeux qui ont remis la tactique au tour par tour sur la carte au début des années 2010. Le studio a depuis grossi à plus de 50 employés.

Petit nuance importante, parce que la presse a un peu vite collé l'étiquette « le studio ex-Firaxis ». Selon Foertsch lui-même, environ la moitié de l'équipe vient de Firaxis, le reste arrive d'horizons variés. C'est une équipe mixte, pas un clone du studio d'origine. Ça compte, parce qu'un studio entièrement consanguin a tendance à se répéter.

L'histoire de la genèse vaut le détour. C'est Vince Zampella, le fondateur de Respawn, qui a invité Foertsch à créer un jeu de tactique Star Wars. Respawn (les gens d'Apex et des Jedi) apporte un gros support de développement, mais a laissé les décisions créatives à Bit Reactor. Édité par Electronic Arts et Lucasfilm Games, le jeu a été annoncé officiellement à la Star Wars Celebration Japan, le 19 avril 2025.

Un XCOM, mais pas tout à fait#

Sur le papier, on tient un XCOM-like classique. Tour par tour, solo, gestion d'escouade, et même de la permadeath pour vos soldats sur les niveaux de difficulté les plus élevés. Les vétérans d'XCOM savent ce que ça veut dire : ce héros que vous avez fait monter de niveau pendant vingt heures peut crever sur un jet de dé foireux. J'ai encore le souvenir d'un sniper nommé d'après mon frangin qui a pris une bastos en pleine tête au pire moment. On ne s'en remet jamais vraiment.

Mais Bit Reactor a tordu la formule sur deux points que je trouve malins. D'abord, ils virent le brouillard de guerre. Vous voyez le terrain. Ensuite, les cônes de surveillance deviennent directionnels au lieu d'être omnidirectionnels : un ennemi en overwatch couvre une zone précise, pas tout autour de lui. Ça change la lecture du champ de bataille. On passe d'un jeu de probabilités à un jeu de positionnement et d'angles. C'est plus lisible, et honnêtement, ça pourrait corriger le côté frustrant des ratés à 95 % de chance qui ont fait hurler des générations de joueurs XCOM.

Le système de classes est étoffé : huit spécialisations de combat, à savoir Assault, Heavy, Sharpshooter, Scoundrel, Soldier, Gunslinger, Scout et Medic. Parmi les archétypes jouables, on retrouve des Scoundrels, des astromechs, des Clone Troopers et même des Jedi. Il y a aussi une ressource partagée, les Advantage Points, qui plafonne l'usage des compétences spéciales. Vous ne pouvez pas balancer toutes vos capacités au même tour, il faut prioriser. Classique mais efficace.

Là où ça devient personnel, c'est le système de liens entre personnages. Plus vos opérateurs combattent ensemble, plus leur relation se renforce et influe sur le gameplay. Si vous avez fait Fire Emblem, vous voyez le principe. Et ça donne un poids supplémentaire à la permadeath : perdre un soldat, c'est aussi perdre les liens qu'il avait tissés. Sadique. J'adore.

Le crépuscule de la Guerre des Clones#

L'ère choisie n'est pas anodine. On est dans le crépuscule de la Guerre des Clones, ce moment trouble où la République bascule. Vous incarnez Hawks, un ancien officier de la République qui mène la Zero Company, une bande d'opérateurs peu recommandables. Bonne nouvelle pour les amateurs de rôle : le genre, l'apparence et la voix de Hawks sont entièrement personnalisables au début du jeu.

Le ton revendiqué est sombre. Les inspirations citées sont la série animée Clone Wars, Rogue One, Andor et Les 12 Salopards. Ce dernier titre dit tout : une équipe de bras cassés envoyée faire le sale boulot. C'est exactement le créneau que Star Wars exploite le mieux ces dernières années, le terrain et la crasse plutôt que les sabres laser héroïques. Le scénario est confié à Aaron Contreras, qui était narrative lead sur Jedi : Fallen Order (2019) et Jedi : Survivor (2023). Du sérieux côté écriture.

Entre les missions, vous gérez The Den, votre base d'opérations : recrutement, personnalisation, carte galactique. Cette dernière donne accès à plus de 150 planètes. Des lieux iconiques comme Vandor et Mapuzo sont mentionnés dans la communication officielle, et EA évoque des apparitions de personnages familiers de l'univers, sans les nommer pour l'instant. Le jeu est classé PEGI 16 pour la violence, cohérent avec l'ambiance annoncée.

Si la stratégie au tour par tour vous parle, jetez un œil à notre sélection des meilleurs jeux de stratégie PC 2026, Zero Company y aura clairement sa place. Et pour le côté narratif, l'angle des bras cassés moralement gris rejoint ce qu'on disait dans notre tour d'horizon des jeux narratifs à choix moraux de 2026.

Prix, plateformes et le pari d'EA#

Le jeu sort sur PC (Windows), PlayStation 5 et Xbox Series X/S. Côté PC, la distribution passe par l'EA App, Steam et l'Epic Games Store. Petit avertissement pour la version Steam : elle exige un compte Steam ET un compte EA liés pour jouer. Le DRM maison, toujours là.

Les prix sont confirmés, et la parité dollar/euro est respectée. L'édition Standard coûte 49,99 € sur PC et 59,99 € sur consoles. L'édition Deluxe monte à 59,99 € sur PC et 69,99 € sur consoles. La Deluxe ajoute un pack cosmétique Grande Armée de la République, un pack cosmétique Collectif de l'Ombre et cinq thèmes d'armes peints. Toute précommande débloque le Pack Astromécano cristallin. Une édition Collector a aussi été annoncée, mais les détails restent à venir.

Reste à parler du contexte, parce qu'il est lourd. L'accord exclusif de dix ans entre EA et Star Wars (2013-2023) a expiré. Lucasfilm s'est ouvert à d'autres studios, Ubisoft a sorti Star Wars : Outlaws en 2024. EA n'est plus le seul maître à bord. Et le parcours de Respawn sur la licence a été chaotique : en février 2024, EA a annulé un FPS Star Wars Mandalorian développé chez Respawn, dans une charrette de 670 licenciements (5 % de l'effectif EA). Pas exactement un climat de confiance.

C'est là que je deviens prudent. EA a un précédent de jeux solo Star Wars solides (Jedi : Survivor a fini numéro un des ventes US en avril 2023), mais aussi cette habitude de tuer des projets. Que Zero Company arrive jusqu'à la sortie, après l'annulation du Mandalorian, c'est déjà un signal. Sur la qualité finale, en revanche, j'attends de jouer. Un pedigree XCOM ne garantit rien, demandez à n'importe quel studio qui a tenté de refaire le coup. Pour comparer avec les autres gros lancements de la rentrée, notre calendrier des sorties jeux vidéo 2026 tient le compte.

Pour l'instant, c'est le seul jeu Star Wars de l'année que j'ai mis dans mon agenda perso. Pas par fidélité à la marque, par curiosité de game designer. Voir d'anciens de Firaxis attaquer XCOM sous un autre angle, ça vaut largement le coup d'œil le 27 août.

Sources#

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