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Prusa CORE One L : le grand format qui vise juste

Prusa CORE One L : le grand format qui vise juste

Par Camille V.

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Camille V.

Imaginez un casque de cosplay qui sort du plateau d'un seul bloc, sans ligne de découpe à poncer, sans demi-coques à recoller au chatterton. C'est le genre de pièce que la Prusa CORE One L met enfin à portée de main. Prusa Research a annoncé la machine le 3 novembre 2025 et l'a mise en vente le 11 novembre. Sur le papier, c'est la CORE One classique qui prend du volume, beaucoup de volume.

Avant de regarder les chiffres, posez-vous une question : combien de fois avez-vous découpé un modèle en tranches parce que le plateau était trop court de deux centimètres ? Cette imprimante répond à ça, et à peu près qu'à ça.

Trente litres, et ce que ça déverrouille#

Le volume d'impression grimpe à 300 x 300 x 330 mm, soit environ 30 litres. Prusa annonce 200 % du volume de la CORE One standard pour seulement 10 % d'encombrement en plus sur le bureau. La CORE One classique plafonne à 250 x 220 x 270 mm : autant dire qu'on change de catégorie de pièces.

Concrètement, ça déverrouille deux workflows. Le premier, la grande pièce d'un bloc : un buste à l'échelle, un élément de mobilier, une carrosserie de maquette qu'on aurait sinon fragmentée. Le second, la fournée dense : au lieu de lancer trois plateaux successifs de figurines, vous remplissez la surface et vous lancez tout en une nuit. Le rendu final parle de lui-même quand vous ouvrez la chambre au matin et que la grille est pleine.

J'ai passé un week-end entier, l'an dernier, à recoller les six morceaux d'un diorama parce que ma machine d'alors ne prenait pas la hauteur. Le résultat tenait la route de loin, mais de près, chaque joint accrochait la lumière autrement que la surface pleine. Une pièce monobloc, ça se voit. C'est moins un gain de temps qu'un gain de propreté sur le rendu.

Sous le capot, là où Prusa soigne le détail#

Le détail qui change tout : la chambre chauffante. Elle monte jusqu'à 60 °C, avec une variance thermique sous les 2 °C sur 99 % de la surface, et elle chauffe 25 % plus vite que celle de la CORE One standard. Pour qui imprime de l'ABS ou de l'ASA, cette stabilité thermique, c'est la différence entre une pièce qui garde ses angles et une pièce qui se décolle et gondole en refroidissant. Une chambre régulière, c'est un peu comme un atelier sans courant d'air : le matériau travaille de façon prévisible.

Côté mécanique, on reste sur une cinématique CoreXY avec Input Shaper pour amortir les vibrations dans les accélérations. Prusa fournit deux buses de 0,4 mm, une en laiton CHT et une nickelée, ce qui couvre déjà les filaments courants comme les plus abrasifs. Le hotend encaisse 290 °C en standard, et grimpe à 400 °C avec le HT Hotend proposé en option, de quoi taper dans les polymères techniques.

Le pack est plutôt généreux. La machine pèse 21,9 kg, soit un peu moins que la CORE One standard malgré la taille, et arrive assemblée à 98 %. On trouve dans la boîte une caméra 1080p à vision nocturne pour surveiller les longues impressions, les deux buses déjà citées et une bobine de PLA d'un kilo pour démarrer. La CORE One L est aussi compatible MMU3, l'unité multimatériaux jusqu'à cinq filaments : le module a été annoncé pour début 2026, mais je préfère rester prudente sur sa disponibilité réelle aujourd'hui, faute d'avoir pu la vérifier moi-même. Si le multicouleur vous démange, notre comparatif de l'Anycubic Kobra X face à la Bambu A1 creuse ce terrain sous un autre angle de budget.

Le comparatif Bambu qui ne tient pas debout#

Là, il faut poser un garde-fou. Le réflexe, quand on parle d'une CoreXY fermée, c'est de la coller face à la Bambu Lab X1C. Sauf que la comparaison est bancale sur deux points.

D'abord le gabarit. La X1C imprime dans un cube de 256 x 256 x 256 mm, la P1S aussi. La CORE One L joue à 300 mm de côté : on ne compare pas deux machines de la même classe de volume, on compare une grande à une moyenne. Sur les specs, la X1C reste une bête de course, avec un hotend à 300 °C, un plateau jusqu'à 120 °C, une vitesse annoncée de 500 mm/s et un LIDAR de 7 microns pour la calibration (chiffres relevés côté revendeurs, à prendre comme tels).

Ensuite le calendrier. La gamme X1 est officiellement en fin de vie : Bambu Lab a annoncé l'arrêt de production au 31 mars 2026, avec un SAV et des pièces garantis jusqu'en 2031 et des correctifs de sécurité jusqu'au 29 mai 2029. Comparer un achat neuf à une série qu'on n'assemble plus, ça n'a pas grand sens pour qui construit son atelier maintenant. La communauté a d'ailleurs déplacé la discussion vers la Bambu H2C, plus proche en gabarit.

Reste la question de fond, celle sur laquelle j'hésite encore à trancher net : est-ce que ce match intéresse vraiment l'acheteur de grand format ? Bambu garde clairement l'avantage sur la vitesse pure. Prusa, de son côté, mise davantage sur la précision et la répétabilité que sur les records de débit, du moins d'après les retours d'atelier, sans chiffre officiel pour l'appuyer. Deux philosophies d'outil, un peu comme choisir entre un pinceau rapide et un pinceau qui ne bave jamais. Si vous visez plus petit et moins cher, la P1S se négocie entre 399 et 699 dollars aux États-Unis, hors promotions ponctuelles, mais on retombe alors dans la classe des 256 mm. Pour élargir la comparaison côté grand format, notre test de la Bambu Lab A2L reste le meilleur point de départ.

Pour qui, et à quel prix#

La CORE One L s'affiche à 1 849 euros TTC, soit 1 540,83 euros hors taxes sur la boutique Prusa au moment où j'écris. Elle avait été lancée autour de 1 699 euros en novembre 2025 : le tarif a donc un peu grimpé depuis. À titre de repère, la CORE One standard se trouve vers 1 349 euros TTC (1 199 dollars hors taxes aux États-Unis) avec une chambre limitée à 55 °C.

Alors, pour qui ? Pour le maker ou le figuriste qui bute régulièrement sur la taille du plateau et qui ne veut plus fragmenter ses modèles. Pour celui qui tient à l'écosystème Prusa, ouvert et réparable, plutôt qu'à un jardin fermé. Ce n'est pas la machine la plus rapide du marché, ce n'est pas la moins chère, et elle ne prétend pas l'être. Elle vend du volume propre et une chambre stable, et sur ce créneau précis, elle vise juste. Avant de valider votre panier, observez d'abord votre pratique : si vos pièces tiennent dans un cube de 25 cm, gardez votre argent. Sinon, elle mérite une place sur l'établi. Pour situer le paysage FDM plus large, notre test de la Bambu Lab X2D à double buse complète le tableau.

Sources#

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