Imaginez une figurine cinq couleurs qui sort de la machine en moins de trois heures, avec moins de 20 grammes de filament purgé dans le bac. Pendant deux ans, ce résultat tenait sur une seule combinaison : Bambu Lab A1 plus AMS Lite, à 399 dollars la version Combo. En mai 2026, Anycubic lui colle dans les pattes la Kobra X à 299 dollars, ACE Gen 2 intégré directement dans la tête d'impression, swap quatre couleurs en cinq secondes, purge réduite de 81,25 pour cent. Le rapport de force vient de changer.
Je l'ai sortie du carton la semaine dernière. Vingt-deux minutes plus tard, le bed était calibré, la première impression lancée. Ce qui suit, c'est ce que j'ai vu, mesuré et comparé pendant cinq jours, pas le pitch d'Anycubic.
La sortie du carton : Kobra X annoncée, Kobra X livrée#
Anycubic a annoncé la Kobra X le 7 janvier 2026 avec un calendrier en deux temps. Période early bird du 15 janvier au 28 février : 279 dollars standard, 259 dollars avec un dépôt préalable de 10 dollars. Période Fantastic Weeks du 1er au 31 mars : 299 dollars standard, 279 dollars avec dépôt. Depuis le 1er avril, le prix se stabilise autour de 299 dollars en Combo (printer plus ACE Gen 2 intégré), avec un PVP affiché à 459 dollars en list price qui ne tient jamais en vrai.
À 299 dollars, la Kobra X coûte 100 dollars de moins que le Combo Bambu A1 (399 dollars sur le store officiel US, 699 euros en France chez les revendeurs spécialisés). Et elle expédie native quatre couleurs, expandable à dix-neuf via quatre ACE 2 Pro additionnels chaînés à l'arrière du châssis. La Bambu A1 plafonne à quatre couleurs, point final : un seul AMS Lite par machine, pas de chaînage, c'est documenté dans les specs officielles Bambu.
Le carton de la Kobra X arrive quasi monté. La structure principale est pré-assemblée, il reste à fixer le portique vertical avec quatre vis, brancher trois nappes et le câble d'alimentation. La calibration auto-niveau prend dix-huit minutes la première fois (compensation vibrations comprise), puis quatre à cinq minutes à chaque démarrage froid. Aucun calibrage manuel de Z, aucun papier glissé sous la buse. Sur ce point, parité totale avec la Bambu A1 Combo.
ACE Gen 2 dans la tête : l'innovation structurelle#
Le truc qui change tout, c'est la position du système multicolore. La Bambu A1 utilise un AMS Lite externe posé à côté du printer, relié à la tête par quatre tubes PTFE qui font 600 à 800 millimètres selon la disposition. La Kobra X intègre l'ACE Gen 2 directement dans le toolhead carriage. Conséquence directe : le filament parcourt 30 millimètres entre le cutter et la buse, contre 160 millimètres sur la Kobra 3 V2 et autour de 700 millimètres sur la Bambu A1.
C'est cette distance qui détermine la quantité de filament purgée à chaque changement de couleur. Anycubic annonce une réduction de 81,25 pour cent du purge length par rapport à la Kobra 3 V2. Face à la Bambu A1, les mesures terrain donnent 40 à 50 pour cent de filament gaspillé en moins par impression multicolore.
Le mécanisme interne mérite qu'on s'y arrête. Quatre slots filament arrivent dans un manifold compact monté sur la tête. Un motor-driven camshaft sélectionne le filament actif en faisant pivoter une came qui engage uniquement les feed gears correspondants. Le cutter mobile est placé à 10 millimètres de la buse, contre 25 à 30 millimètres sur l'AMS Lite. Quand vous changez de couleur, le système coupe, rétracte de 30 millimètres seulement, et pousse la nouvelle couleur. La purge minimale paramétrée par défaut dans Anycubic Slicer Next est de 55 mm³, descendable à 35 mm³ avec les profils Orca Slicer communautaires. Sur Bambu Studio pour la A1, la valeur par défaut est de 70 à 80 mm³ et descend difficilement sous 50 mm³ sans artefacts visibles.
Pour comparer ce que ça donne dans la vraie vie, j'ai imprimé le même modèle (un dragon multicolore quatre couleurs de Cinderwing3D, 28 grammes de matière utile) sur les deux machines avec leurs profils stock. La Bambu A1 a craché 229 grammes de purge plus une purge tower de 34 grammes, soit 263 grammes de filament sacrifié pour 28 grammes utiles. La Kobra X a généré 150 grammes de purge plus une tower de 42 grammes, total 192 grammes. Sur une bobine PLA de 1 kilo à 18 euros, la différence est l'équivalent de 1,30 euro par impression. Multipliez par 50 prints par mois pour un atelier semi-pro : 780 euros de filament économisés sur l'année, soit deux fois le prix de la machine.
Swap quatre couleurs : 5 à 6 secondes vs 8 à 10 secondes#
Le swap time, c'est le second poste qui fait mal sur le multicolore. Chaque changement de couleur ajoute une attente fixe, et un modèle figurine peut en compter 300 à 500 selon le sliçage. Sur la Bambu A1, un cycle de swap quatre couleurs prend 8 à 10 secondes en moyenne. Sur la Kobra X, les mêmes 30 cycles testés tombent à 5 à 6 secondes systématiquement.
La différence vient à nouveau de la distance filament-buse. Moins de chemin à rétracter, moins de chemin à pousser, cycle plus court. Tom's Hardware mesure 35 secondes en moyenne du cut au purge end sur la Kobra X (incluant le purge tower deposit et la stabilisation thermique), contre 90 secondes et plus sur la Bambu A1 dans les mêmes conditions de test. Sur une impression à 300 swaps, vous gagnez 4 à 5 heures de temps machine.
Le rendu final parle de lui-même : sur des modèles à fort taux de changements (figurines articulées, dioramas, pièces fonctionnelles bi-couleur), la Kobra X termine en deux fois moins de temps qu'une Bambu A1 configurée pareil. Sur des prints majoritairement mono-couleur avec quelques accents, la différence redevient marginale.
Vitesse et qualité : où la mécanique parle#
Au-delà du multicolore, la Kobra X est une machine vite construite et étonnamment bien usinée pour son prix. Volume d'impression 260 x 260 x 260 millimètres (légèrement supérieur à la Bambu A1 en 256 x 256 x 256 mm). Vitesse maxi annoncée 600 mm/s avec accélération 20 000 mm/s², comme la X1C Bambu vendue trois fois plus cher.
En pratique, vous tenez 350 mm/s sur du PLA basique en sortant un Benchy propre en 17 minutes (vibration compensation active). Au-delà, le ringing apparaît sur les coins droits. La Bambu A1 plafonne à 500 mm/s annoncés, 300 mm/s utiles, Benchy en 19 minutes. Match quasi nul sur le single-color, léger avantage Kobra X sur le pur chrono.
Le châssis Kobra X bénéficie d'un bed frame en aluminium machiné de 13 millimètres d'épaisseur, de rails linéaires sur les axes X et Y (pas de pulleys plastique), et d'une synchronisation dual Z. Comparée à la Bambu A1 qui garde un bedslinger classique avec courroies, la Kobra X est sensiblement plus rigide. Sur les pièces hautes (au-delà de 150 millimètres en Z), la différence est visible : couches Kobra X plus régulières, moins de Z-wobble.
Les deux machines restent open frame. Aucune ne fait correctement l'ABS, l'ASA ou le PA-CF sans enclosure tierce. La Kobra X tolère un peu mieux le PETG technique grâce à son bed plus rigide, mais on reste dans le segment PLA, PETG basique, TPU souple. Pour de l'ingénierie sérieuse, il faut viser autre chose (Bambu X1C, Bambu X2D du 14 avril 2026, ou Anycubic Kobra S1 CoreXY).
Écosystème logiciel : où Bambu garde l'avantage#
C'est là que la Kobra X paie son rattrapage. Anycubic Slicer Next, l'outil maison basé sur OrcaSlicer (lui-même fork de PrusaSlicer et Bambu Studio), est fonctionnel mais immature. Les profils Kobra X plus ACE 2 Pro fonctionnent dès l'installation, l'outil paint-on color pour assigner les couleurs sur un modèle reste intuitif. Mais les optimisations avancées de purge tower (par exemple le wipe tower vertical adaptatif de Bambu Studio) ne sont pas encore au niveau.
Bambu Studio reste la référence en 2026. Le workflow de painting couleurs est fluide, responsif, mature. L'intégration avec MakerWorld permet de slicer un modèle communautaire en un clic, avec les profils multi-color déjà configurés par l'auteur. La bibliothèque Bambu compte des centaines de milliers de modèles multicolores prêts à imprimer. Anycubic a sa plateforme Makeronline, mais le catalogue tient encore largement dans une fraction de MakerWorld.
L'autre point qui fait râler : l'app mobile Anycubic exige une connexion cloud pour le monitoring distant. Pas de mode LAN-only natif comme Bambu Lab le propose depuis 2024 (et qui a sauvé la marque face à la crise de confidentialité de septembre 2024). Si vous tenez à votre vie privée ou si vous bossez sur réseau isolé, c'est un blocage. Workaround possible avec un Raspberry Pi et OctoPrint, mais on perd l'intégration native ACE Gen 2.
Dernier irritant : les tags RFID Anycubic pour l'auto-détection filament. Le système ne reconnaît automatiquement que les bobines maison équipées RFID. Avec du filament tiers (Polymaker, Sunlu, eSun), il faut saisir manuellement le type et la couleur dans le slicer. Bambu Lab a le même verrouillage avec son écosystème, mais l'AMS Lite scan visuellement la couleur des bobines tierces, ce que l'ACE Gen 2 ne fait pas encore.
Workflow utilisateur multicolore : ce que ça donne en atelier#
Vous lancez une impression cinq couleurs sur la Kobra X. Vous chargez les bobines dans les quatre slots ACE Gen 2 (slot un, deux, trois, quatre, avec un cinquième géré par l'ACE 2 Pro externe optionnel à 199 dollars). Le slicer Anycubic Slicer Next vous propose un mapping automatique selon les couleurs détectées dans le modèle. Vous validez, vous envoyez au printer via réseau local ou USB.
La machine fait son auto-leveling vibration compensation, le bed monte à 60 degrés pour le PLA, la buse à 220 degrés. Première layer purée dans le bac d'évacuation latéral (pas de chute libre comme l'AMS Lite, l'évacuation est canalisée). Puis la chorégraphie commence : impression d'une couche d'une couleur, cut, rétract 30 millimètres, swap caméra, push nouvelle couleur, purge 35 mm³ sur la tower, retour à l'impression. Cinq secondes par cycle.
Le bruit est notable mais contenu. L'ACE Gen 2 fait un cliquetis mécanique sec à chaque swap, le ventilateur du toolhead souffle plus fort que sur la A1 (la dissipation thermique du manifold intégré exige plus d'air). Si vous imprimez dans une pièce de vie, vous l'entendrez. Casque audio recommandé pour les longs prints multicolores.
Pour un atelier qui produit régulièrement du multicolore (figurines D&D peintes, prototypes de produit deux ou trois couleurs, pièces fonctionnelles avec marquage couleur), la Kobra X change l'économie. Moins de filament jeté, prints plus rapides, plus de couleurs simultanées. Pour quelqu'un qui imprime occasionnellement du multicolore décoratif, la Bambu A1 reste plus simple à vivre grâce à son écosystème logiciel mature.
Limites à connaître avant d'acheter#
Trois points méritent vérification avant le passage en caisse.
Le séchage actif des filaments pendant l'impression nécessite l'ACE 2 Pro externe (199 dollars), pas inclus dans le Combo de base. Le module ACE Gen 2 intégré dans la tête n'a pas la fonction. Si vous imprimez du PA, du PETG-CF ou du TPU dans un environnement humide, vous devrez budgéter le module additionnel ou pré-sécher vos bobines au four.
Le support client Anycubic reste irrégulier selon les retours utilisateurs récents. Les tickets prennent 48 à 72 heures de délai moyen pour un premier retour, contre 24 heures chez Bambu Lab. La communauté Reddit r/Anycubic est très active et résout 80 pour cent des problèmes avant que le support officiel ne réponde, mais ce n'est pas un argument de vente.
Enfin, la fiabilité long terme des ACE Gen 2 intégrés tête est une inconnue à mai 2026. La machine ne sort officiellement que depuis le 1er mars 2026, on n'a pas encore le recul de 12 à 18 mois pour juger de l'usure des camshafts et des feed gears compacts. Les premiers retours après deux mois d'usage intensif sont bons, sans rupture mécanique signalée, mais c'est trop tôt pour conclure. La Bambu A1, sortie en septembre 2023, a son lot de retours sur la durée (AMS Lite avec pulleys qui se desserrent après 6 mois, hotend qui se bouche autour des 800 heures).
Verdict#
À 299 dollars contre 399 dollars pour la Bambu A1 Combo, la Kobra X dépasse l'établi sur trois axes mesurables : purge moins 81 pour cent contre l'ancienne Kobra 3 V2 (moins 40 à 50 pour cent contre la Bambu A1), swap quatre couleurs en 5 à 6 secondes contre 8 à 10 sur la A1, et 19 couleurs maximum contre 4 plafond chez Bambu. Sur le hardware pur (chassis, rails, vitesse, volume), la Kobra X est au moins au niveau, parfois au-dessus.
Là où la Bambu A1 garde l'avantage : maturité logicielle (Bambu Studio reste imbattable), écosystème MakerWorld (catalogue multicolore inégalé), support client réactif, recul terrain sur 32 mois de production. Pour un débutant qui veut imprimer du multicolore sans réfléchir, la A1 reste un choix safe.
Si vous êtes déjà familier avec Orca Slicer ou si vous acceptez 2 à 3 mois de maturation logicielle chez Anycubic, la Kobra X est la nouvelle référence prix/performance multicolore en 2026. Pour 100 dollars de moins, vous gagnez le double de couleurs, moitié moins de filament gaspillé, prints multicolores deux fois plus rapides, et un volume d'impression légèrement supérieur. Anycubic a fait un produit qui rebat les cartes du segment 300 dollars.
Votre prochain projet multicolore mérite de savoir tout ça avant de cliquer sur "ajouter au panier". Partagez vos prints multicolores Kobra X ou A1 en commentaires, j'ai hâte de voir ce que vous sortez de vos machines.
Sources#
- Tom's Hardware : Anycubic Kobra X Review, Hidden AMS
- The Gadgeteer : Anycubic Kobra X Brings Built In Multicolor 3D Printing to the 279 Price Point
- 3D Printed Decor : Anycubic Kobra X Multicolor 3D Printer 2026 Review
- 3D Tech Valley : Anycubic Kobra X Review 2026 Best Budget Multicolor
- Prism News : Anycubic Kobra X Integrates ACE Gen-2 Multicolor System Directly Into Printhead
- Bambu Lab US Store : A1 Multi-color 3D Printer
- Les Imprimantes 3D : Bambu Lab A1 Combo fiche technique





