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Starfield sur PS5 : port ambitieux avec PSSR et DualSense

Starfield sur PS5 : port ambitieux avec PSSR et DualSense

Par Baptiste P.

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Baptiste P.

Bon. Starfield sur PS5. On y est. Après deux ans et demi d'exclusivité Xbox, le RPG spatial de Bethesda a débarqué le 7 avril 2026 sur la console de Sony. Phil Spencer avait racheté ZeniMax Media pour 7,5 milliards de dollars en partie pour que ce jeu ne sorte jamais sur PlayStation. Et pourtant, le voilà. Avec le PSSR en bonus. On va pas se mentir : la question n'est pas de savoir si le port existe, mais s'il vaut le coup.

L'exclusivité Xbox, c'était quoi le deal ?#

Microsoft a sorti le portefeuille en 2021. 7,5 milliards pour ZeniMax, la maison-mère de Bethesda. Phil Spencer l'a dit sans détour : l'acquisition servait à éviter que Starfield finisse sur PlayStation. Le jeu est sorti le 6 septembre 2023 en exclusivité Xbox Series X/S et PC. Accès anticipé le 1er septembre pour les plus impatients.

Le pari a fonctionné. 6 millions de joueurs la première semaine. Plus gros lancement de l'histoire de Bethesda, selon l'éditeur. En novembre 2024, le compteur affichait 15 millions de joueurs. Mais attention : Game Pass inclus dans le lot. Les ventes sèches, personne n'a de chiffre officiel fiable.

Et puis la réalité a rattrapé la stratégie. L'exclusivité coûte cher quand le parc installé Xbox stagne. Microsoft a changé de cap. Indiana Jones sur PS5. Starfield sur PS5. La muraille s'est fissurée.

Le port PS5 : ce qui change vraiment#

Parlons technique. La version Xbox Series X au lancement, c'était 30 FPS. Point. Pas de mode performance. Il a fallu attendre un patch plusieurs mois plus tard pour débloquer le 60 FPS. Sur PS5, les deux modes sont là dès le jour un.

Mode visuel : 4K upscalée, 30 FPS. Fidélité maximale.

Mode performance : 60 FPS, résolution réduite. Jouable, fluide, ce qu'on attend d'un jeu en 2026.

Sur PS5 Pro, c'est là que ça devient intéressant. Les deux modes utilisent le PSSR, le PlayStation Spectral Super Resolution. L'upscaling maison de Sony. En mode visuel Pro, on parle de 4K natif à 30 FPS avec PSSR. En performance Pro, 60 FPS avec PSSR. Selon Push Square, le rendu PS5 est décrit comme plus net que la version Xbox originale. Je reste prudent sur ce genre de comparatif, les captures compressées sur YouTube racontent rarement la vérité, mais les premiers retours vont dans ce sens.

J'ai passé pas mal d'heures sur la version Xbox à la sortie. Le 30 FPS, c'était rude pour un jeu avec autant de combats spatiaux. Avoir le 60 FPS dès le lancement sur PS5, c'est un avantage concret que les joueurs Xbox n'ont pas eu.

Le DualSense, ou comment Bethesda a fait ses devoirs#

C'est souvent là que les ports se plantent. Un jeu Xbox adapté sur PS5 avec des fonctions DualSense plaquées à la va-vite, ça se sent. Ici, Bethesda a bossé le sujet.

Les adaptive triggers changent de résistance selon le type d'arme. Arme terrestre, armement de vaisseau spatial : le feeling est distinct. Sur L2/R2, vous sentez la différence entre un fusil laser et un canon de vaisseau. C'est un peu comme si la manette vous racontait ce que vous tenez avant même de regarder l'écran.

La lightbar réagit à votre état. Rouge pulsant quand votre santé est critique au sol ou quand l'intégrité du vaisseau chute en combat. Retour au blanc en récupération. C'est subtil, mais ça ajoute une couche d'information périphérique que l'UI ne donne pas.

Le touchpad a été mappé intelligemment. Pression gauche pour basculer entre première et troisième personne. Pression droite pour la carte. Maintien droit pour le scanner manuel. Glissements pour l'inventaire, les missions, les compétences. Ça remplace les menus Xbox de façon plutôt fluide.

Et le haut-parleur de la manette diffuse les journaux audio et les communications intercom du vaisseau. C'est le genre de détail qui ne change pas le gameplay mais qui ancre l'immersion. Quand un message grésille depuis vos mains plutôt que depuis la TV, ça fait son effet.

Le débat : ce port arrive-t-il trop tard ?#

C'est la vraie question. Deux ans et demi. Le jeu a eu le temps de générer un cycle complet de hype, de déception (le Metacritic Xbox est passé de 87 à 85), de patches correctifs et de DLC.

Shattered Space, le premier DLC narratif, est sorti en septembre 2024 sur Xbox/PC. La réception a été mitigée. Histoire courte pour le prix demandé. La version PS5 inclut toutes les mises à jour post-lancement, Shattered Space en option dans l'édition premium à 70 dollars, et le nouveau DLC Terran Armada qui sort simultanément le 7 avril. L'édition standard est à 49,99 dollars.

Spoiler alert : si vous avez suivi la saga sur Xbox, vous savez déjà que Starfield divise. Les fans de Skyrim et Fallout ont trouvé l'exploration trop découpée, les planètes trop vides, la boucle de gameplay trop répétitive. Ceux qui accrochent parlent de centaines d'heures englouties. Il n'y a pas de consensus.

Pour les joueurs PS5 qui n'y ont jamais touché, c'est différent. Vous récupérez la version la plus complète, la plus stable, avec des fonctionnalités techniques que la version Xbox day one n'avait pas. C'est un argument solide. Mais 135 Go sur le SSD, faut quand même avoir de la place.

La PS5 Pro avec ses améliorations matérielles prend tout son sens ici. Le PSSR n'est pas un gadget marketing : c'est l'équivalent Sony du DLSS de Nvidia, et Starfield est exactement le type de jeu gourmand qui en bénéficie.

Xbox vs PlayStation : la guerre des exclusivités est morte#

Ce port illustre un virage stratégique plus large. Microsoft ne croit plus à l'exclusivité hardware. Le Game Pass, xCloud, les sorties multiplateformes : la vision a changé. La comparaison directe Xbox Series X vs PS5 n'a plus le même sens qu'en 2020.

Honnêtement, je sais pas trop quoi en penser. D'un côté, plus de joueurs qui accèdent à plus de jeux, c'est positif. De l'autre, si Xbox n'a plus d'exclusivités, qu'est-ce qui justifie d'acheter la console ? Le Game Pass seul ne suffit peut-être pas. Sony, de son côté, continue de verrouiller ses gros titres. La stratégie PlayStation reste claire : vous voulez jouer à nos jeux, achetez notre console.

Starfield sur PS5, c'est Microsoft qui admet que 15 millions de joueurs sur un parc Xbox/PC, c'est bien, mais que le marché PlayStation représente trop de revenus pour être ignoré. La logique financière a gagné.

Mon verdict#

Le port est solide. Techniquement, c'est la meilleure version console de Starfield. Le PSSR sur PS5 Pro apporte un vrai plus visuel. Les fonctions DualSense ne sont pas du remplissage. Le 60 FPS natif dès le lancement corrige l'erreur majeure de la sortie Xbox.

Mais le jeu reste Starfield. Si l'exploration spatiale procédurale et les mille planètes vides vous rebutaient en vidéo, ce port ne changera pas votre avis. Ce n'est pas un remaster. C'est le même jeu, mieux présenté, avec des manettes qui vibrent différemment.

Pour ceux qui attendaient de jouer sur PS5 : foncez sur l'édition standard à 50 dollars. L'édition premium ne vaut le coup que si Shattered Space vous tente, et les retours sur ce DLC sont franchement tièdes.

Pour les joueurs Xbox qui l'ont déjà : rien à voir ici. Passez votre chemin.

Pour les curieux de la scène VR qui évolue en parallèle, c'est un bon rappel que les frontières entre plateformes s'effacent partout. Pas seulement chez Microsoft.

Sources#

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